Depuis plusieurs semaines, Nicolas Sarkozy jongle avec des milliards: 350 pour les banques, 26 pour la relance, quelques centaines de millions d'euros pour les pauvres, sans oublier le rappel de ses engagements sur le Grenelle de l'environnement ou le soutien aux industries les plus fragiles, voire à l'agriculture. On s'y perd.
Que sont ces milliards? Des prêts, des crédits, des garanties, des anticipations, des prévisions, des promesses, du vent? Nul ne le sait.
Qu'est-ce qui s'ajoute, se retranche, se divise, se répète et s'annule? Plus personne ne le comprend.
Quels seront les effets de ces déclarations successives, de ces annonces intempestives? Davantage de consommation? Mais pourquoi, dès lors que le pouvoir d'achat se rétracte?
Un redémarrage de l'investissement? Mais pour quelles raisons, alors que la croissance fléchit et que la récession est là?
Une amélioration de la compétitivité, alors que notre déficit extérieur est depuis 3 ans dans le rouge?
On cherche la logique, la cohérence, la vision. Et on ne trouve qu'habileté, plan de communication, mise en scène de lui-même, finalement que du Sarkozy.
Hier la relance était jugée inutile voire dangereuse. Aujourd'hui, elle est proclamée comme indispensable et pertinente.
Mais en définitive c'est un plan de plus où il n'y aura rien de plus. Rien de plus pour les salariés puisque l'élévation du Smic, et donc de l'ensemble des salaires, n'est à aucun moment à l'ordre du jour.
Rien de plus pour les consommateurs, puisque la baisse de la TVA a été écartée, à la différence de ce qui se produit en Grande-Bretagne.
Rien de plus pour les locataires, puisque les aides au logement ne sont pas revalorisées.
Rien de plus pour les usagers des services publics, puisque les tarifs continueront d'augmenter.
Rien de plus pour les investisseurs, puisque les taux d'intérêt dont la Banque centrale vient de baisser le niveau ne sont toujours pas répercutés par les banques.
Rien de plus pour les collectivités locales qui voient les dotations de l'Etat se contracter.
Bref, rien de plus pour les Français qui perdent confiance et qui attendent forcément le prochain plan que Nicolas Sarkozy leur proposera pour ses v½ux.
Le mot plan est d'ailleurs détourné. Ce devrait être une programmation, une stratégie économique, une somme d'engagements et, en définitive, ce n'est qu'une somme de mesures à destination des mêmes clientèles, servant toujours les mêmes intérêts.
par François Hollande vendredi 5 décembre 2008 (article facebook)